📖 Cours · Seconde

Le Classicisme : raison et bienséance

Molière, Racine, Boileau — Ordre, clarté, perfection formelle

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Définition

Mouvement dominant sous Louis XIV (1661–1715). S'oppose au baroque en prônant ordre, clarté, mesure et règles strictes.

Devise : « Plaire et instruire » (Horace). L'œuvre classique divertit et transmet une leçon morale.

Les règles classiques au théâtre

Les grandes figures

Molière (1622–1673)

Maître de la comédie : Tartuffe, L'Avare, Le Malade imaginaire. Corrige les mœurs par le rire.

Racine (1639–1699)

Maître de la tragédie : Phèdre, Andromaque. Peint les passions destructrices dans un style pur.

Boileau (1636–1711)

L'Art poétique (1674) codifie les règles : « Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement. »

La Fontaine (1621–1695)

Fables : 243 fables en vers. « Plaire et instruire » à l'état pur.

Baroque vs Classicisme

BAC : Repérez les indices : ternaire + instabilité = baroque. Alexandrin régulier + clarté = classique.

📝 À retenir

Repérer baroque ou classique au BAC : Rythme ternaire + images d'eau/miroir + instabilité = baroque. Alexandrin régulier + clarté + respect des règles + morale = classique. La Fontaine est un cas intéressant : classique par la morale, mais libre par la versification.

📝 Les 5 règles du classicisme en un coup d'œil

Molière — L'art de corriger par le rire

Molière ne se contente pas de faire rire : il utilise le comique pour dénoncer les travers de la société. Chaque pièce attaque un défaut humain : l'hypocrisie (Tartuffe), l'avarice (L'Avare), la vanité sociale (Le Bourgeois gentilhomme), l'hypocondrie (Le Malade imaginaire).

HARPAGON — « Ma cassette ! Ma cassette ! On m'a coupé la gorge : on m'a dérobé mon argent ! Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? »

Molière, L'Avare, Acte IV, scène 7, 1668

Analyse : Le monologue d'Harpagon qui découvre le vol de sa cassette est un morceau de bravoure comique. Les exclamations se succèdent, les questions sans réponse s'accumulent, le personnage perd toute dignité. Le comique de caractère (l'avarice poussée à la folie) se mêle au comique de mots (le rapprochement entre « ma cassette » et « on m'a coupé la gorge » — l'argent vaut plus que la vie). Molière montre que l'avarice rend littéralement fou.

Racine — La mécanique de la passion

Là où Molière fait rire, Racine fait pleurer. Ses tragédies mettent en scène des personnages prisonniers de passions qu'ils ne maîtrisent pas : amour interdit, jalousie destructrice, vengeance.

PHÈDRE — « Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d'Égée / Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée, / Mon repos, mon bonheur semblait être affermi ; / Athènes me montra mon superbe ennemi. »

Racine, Phèdre, Acte I, scène 3, 1677

Analyse : Phèdre avoue à sa confidente Œnone son amour coupable pour Hippolyte (son beau-fils). L'oxymore « superbe ennemi » résume tout le drame racinien : celui qu'on aime est aussi celui qui nous détruit. Le passé simple « montra » fait de cette rencontre un événement fatal, irréversible. La passion chez Racine n'est pas un choix — c'est une malédiction.

L'alexandrin racinien : Racine écrit en alexandrins d'une pureté absolue. Chaque vers est un bijou rythmique. L'hémistiche (césure au milieu, 6/6) crée un balancement régulier, presque musical, qui contraste avec la violence des passions exprimées. C'est cette tension forme parfaite / contenu déchirant qui fait la grandeur de Racine.

Œuvres-clés du classicisme

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